Derrière un budget municipal 2026 présenté comme “responsable”, la majorité municipale reconduit des choix sans ambition pour Saint‑Maur. Priorité à la sécurité et aux indemnités des élus, pendant que le social, l’écologie et les services publics restent sous‑dotés. Un budget d’immobilisme, qui gèle l’avenir et creuse les inégalités.
La rigueur à sens unique du duo Delecroix-Berrios !
À Saint-Maur, la droite prétend la main sur le cœur gérer en “bon père de famille” le budget municipal… Pourtant, alors que les agents municipaux attendent encore désespérément des revalorisations de leur régime indemnitaire, alors que le Centre Communal d’Action Sociale (CCAS) tire la langue faute de moyens et alors que de nombreux services municipaux sont mis à la diète, MM. Pierre-Michel Delecroix et Sylvain Berrios ont décidé de se servir en premier !

Avec le soutien des 2 élus RN (toujours du côté des puissants…) qui ont fait leur entrée au conseil municipal, la majorité municipale avait en effet décidé de profiter de la séance d’installation du nouvel exécutif le 20 mars dernier pour octroyer le maximum légal majoré des indemnités de fonction au maire, aux adjoints aux maires et aux conseillers municipaux délégués… De quoi mettre du beurre dans les épinards du maire (avec plus de 5200 € d’indemnité mensuelle en euros courants) et de celles et ceux qui auront permis à M. Delecroix d’être réélu confortablement au 1er tour des dernières élections municipales.
L’austérité et le serrage de ceinture, avec la droite, c’est toujours pour les autres !
A Saint-Maur, un budget 2026 sous le signe de l’immobilisme…
Le Conseil municipal du 15 avril était appelé à voter un budget que la majorité municipale présente comme « responsable », « équilibré », « protecteur ». Mais derrière ces mots, que voyons-nous ? Un budget de continuité, sans souffle, sans ambition nouvelle pour notre ville et ses habitants. Un budget qui, par ailleurs, ne se montre pas aussi généreux envers les agents municipaux qu’envers les conseillers municipaux de la majorité…
Cebudget 2026 est présenté comme une adaptation au contexte, mais il prolonge en réalité des choix déjà faits les années précédentes, sans remise à plat des priorités. La Ville absorbe les hausses contraintes mais ne fait pas le choix d’un effort supplémentaire en faveur du social, de la solidarité ou de l’accompagnement des habitants.
Le budget reconduit une stratégie antérieure sans rediscussion du cap, alors même que le contexte social, climatique et territorial évolue rapidement. Il privilégie la stabilité fiscale, le désendettement et la sécurité, au détriment d’un réinvestissement social et écologique plus volontariste.
Sécurité d’abord, solidarité et écologie à la traîne…

Il consacre 3 millions d’euros à la sécurité, à la vidéosurveillance, à la police municipale : un budget en hausse très sensible. Mais où sont les moyens pour la prévention, la médiation, la vie associative, l’accompagnement des jeunes ? Où sont les investissements massifs pour la rénovation énergétique, la lutte contre les îlots de chaleur, la mobilité douce ? Les montants consacrés à l’environnement mais aussi aux services publics municipaux, aux équipements sociaux, éducatifs ou de proximité restent anecdotiques au regard des enjeux.
Sur la sécurité, le budget privilégie une approche sécuritaire et matérielle, au détriment d’une stratégie globale incluant prévention sociale et citoyenne. Sur ce sujet, aucun indicateur d’évaluation n’est proposé et aucun retour d’expérience sur ce qu’ont réellement apporté les caméras de vidéoprotection déjà déployées dans l’espace public n’est présenté malgré les montants importants engagés. La majorité municipale part du principe, ou plutôt de la croyance, que c’est bien “par nature” de déployer plus de vidéoprotection…
Sur l’environnement et l’adaptation au changement climatique, les montants consacrés à la désimperméabilisation, à la renaturation ou à l’énergie restent relativement modestes (notamment au regard de l’effort fait sur la sécurité). La majorité décide de consacrer 4,6 fois plus de budget à la sécurité qu’à la protection de l’environnement. Les projets structurants (photovoltaïque, performance énergétique globale) restent au stade d’études ou de premiers jalons.
Le discours environnemental est présent, mais l’effort budgétaire n’est pas à la hauteur de l’enjeu climatique pour une ville pourtant très exposée (crues, îlots de chaleur urbains…).
Idem pour le social : le CCAS continue à être sous-doté alors que les prix de l’énergie et de l’essence flambent et qu’il peine déjà à répondre aux demandes des habitants les plus fragiles de notre commune…
Une “stabilité fiscale” au profit des plus aisés (comme toujours…)

Ce budget est présenté comme une fatalité : tout serait contraint, tout serait décidé ailleurs. Mais c’est un choix politique : celui de ne pas ouvrir le débat, de ne pas proposer d’alternatives, de ne pas consulter largement les habitants sur leurs priorités. Comme d’habitude, le budget est présenté comme “à prendre ou à laisser” sans aucun vote sur des options ou alternatives soumises au débat en conseil municipal.
La stabilité fiscale est présentée comme un impératif de justice, mais elle profite en réalité :
• aux propriétaires, en particulier les plus dotés,
• aux détenteurs de résidences secondaires, soumis à une fiscalité inférieure à d’autres communes comparables.
Sur le volet des recettes, rien n’est proposé, à part la vente de nouveaux biens communaux (il serait intéressant de savoir lesquels d’ailleurs…) qui continuera à priver la Ville de leviers d’action pour le futur. Pourtant, pour se donner des marges de manœuvre supplémentaire, une hausse de la fiscalité sur les résidences secondaires pourrait être envisagée comme nous le proposions dans le programme d’Unis pour Saint-Maur. De même en vue du budget 2027, nous pourrions discuter sans tarder de la future taxe sur la vacance des locaux d’habitation unique, qui sera perçue au bénéfice des communes, à l’heure où 2350 logements vacants sont présents sur notre territoire et privent durablement les ménages d’une offre de logement.
Comme depuis de nombreuses années, la diminution de la dette est érigée en dogme, mais sans jamais réfléchir aux recettes… et alors même que les taux d’intérêt restent favorables et que les besoins d’investissement sont immenses. D’autres communes assument un endettement maîtrisé pour transformer leur territoire. Ici, la prudence devient immobilisme.
Par ailleurs, entendre la majorité municipale déplorer le désengagement de l’Etat dans la note d’introduction, c’est une forme d’imposture, sachant que leur famille politique promeut ce même désengagement de l’Etat et que Sylvain Berrios a soutenu cette politique de manière constante à l’Assemblée Nationale. Les contraintes financières appliquées aux communes sont réelles, mais elles sont le fruit des choix idéologiques et des votes de la droite à l’Assemblée et au Sénat… Un minimum d’honnêteté serait bienvenu.
Dans ce contexte, l’attitude dédaigneuse et hautaine de la maire-adjointe Carole Drai lors du Conseil Municipal, pleine de mépris et se drapant des résultats obtenus lors des municipales, se permettant d’accuser l’opposition municipale de “négationnisme”, reflète toute l’arrogance et l’entêtement de la droite municipale enfermée depuis des années dans une position dogmatique…
Au final, ce nouveau mandat du duo Delecroix-Berrios s’annonce donc bel et bien dans la continuité d’une gestion sans ambition, pour une transition immobile. Il prolonge les mêmes équilibres, renforce la priorité sécuritaire et confirme un choix assumé de stabilité fiscale et de prudence budgétaire, au prix d’une ambition sociale et écologique pour le moins limitée.
Vous pourrez compter sur nous et sur nos partenaires d’Unis pour Saint-Maur pour le dénoncer et pour proposer des alternatives répondant réellement au besoin de la population locale…
