
L’urgence sociale est plus que jamais là alors que plus de 2000 enfants dorment à la rue chaque soir dans notre pays et qu’une colère sociale sans précédent traverse la Martinique contre la vie chère et les pratiques abusives de la grande distribution. Presque 200 plans de licenciements sont en cours menaçant plus de 100 000 emplois à travers toute la France, à l’image de Milee (ex-Adrexo), d’Auchan, de Sanofi, de Michelin ou d’ExxonMobil…
La majorité de ces entreprises dégagent pourtant des bénéfices mirobolants et profitent depuis des décennies d’exonérations d’impôts et de subventions publiques à foison, le plus souvent sans la moindre contrepartie. Tandis que les grandes entreprises distribuent de plus en plus de dividendes et rachètent leurs propres actions pour en faire monter leur cotation boursière plutôt que d’investir dans les salaires ou dans le développement de l’outil productif, des millions de français peinent à boucler les fins de mois. Alors que le cumul des 500 premières fortunes de France a doublé depuis 2017[1] pour atteindre la somme indécente de plus de 1200 milliards d’euros (soit plus que le Produit Intérieur Brut des Pays-Bas), 14,4% de la population française est touchée par la pauvreté. Voilà le bilan de 7 ans de Macron au pouvoir ! Voilà le scandale !
Alors, oui, les député.es communistes ont raison de se battre à l’Assemblée Nationale avec leurs partenaires du Nouveau Front Populaire pour plus de justice fiscale et pour démasquer les mensonges des droites et d’un Rassemblement National toujours plus au service des plus riches. Oui, il serait grand temps de s’attaquer réellement à l’évasion fiscale (100 milliards d’euros perdus chaque année), de réinstaurer l’ISF, de taxer une bonne fois pour toutes les superprofits et les héritages des millionnaires, de mettre en place une réelle taxe sur les transactions financières… Oui, il serait temps de mettre en place un moratoire sur les licenciements comme le défend la CGT !

Mais bien entendu, l’alliance Macron-Barnier ne l’entend pas de cette oreille et reste sourde à la souffrance qui s’est pourtant exprimée clairement dans les urnes en juin et juillet dernier. Avec l’assentiment d’un RN qui n’est rien d’autre que son assurance-vie, le gouvernement Barnier préfère faire des coupes sombres à hauteur de plus de 40 milliards d’euros dans le budget de l’Etat, des coupes qui toucheront pêle-mêle nos services publics, notre protection sociale et nos communes… Ce sont autant de milliards en moins pour nos hôpitaux, pour nos écoles et nos universités, pour nos transports publics, pour l’accompagnement des privé.es d’emploi… Plutôt que de taxer les riches, il préfère faire payer les salarié.es et les retraité.es en baissant le remboursement des consultations médicales ou en augmentant les taxes sur l’énergie, au détriment de toutes celles et ceux qui n’arrivent déjà plus à se soigner ou à payer leurs factures d’électricité et de gaz. Autant de mesures qui ne feront que nourrir la pauvreté et le ressentiment…
Un ressentiment que les puissances d’argent entendent orienter vers les migrants et les étrangers. C’est le sens de la présence de Bruno Retailleau, représentant assumé d’une droite extrême, au ministère de l’Intérieur. La fascisation des sociétés occidentales ne fait que progresser, ici en France, comme au sein de la Commission Européenne (qui vient se doter pour la 1ère fois d’un vice-président issu d’une formation d’extrême-droite), en Autriche (où l’extrême-droite est désormais la 1ère force politique) ou aux Etats-Unis (avec une réélection de Donald Trump lourde de menaces pour la sécurité internationale)
Pour sortir de cet étau, pour défaire le capitalisme racial et patriarcal, il nous faut évidemment lutter contre cette fascisation, mais il nous faut surtout œuvrer à populariser une autre vision du monde, à faire progresser nos idées pour qu’elles s’insèrent peu à peu dans le « sens commun » des classes exploitées et dominées. Il nous faut aussi nous appuyer sur les victoires que nous parvenons à obtenir et qui permettent d’élargir l’horizon des possibles, à l’image de la prise en charge à 100% par l’Assurance Maladie des soins pour le cancer du sein que nos sénateurs et sénatrices sont parvenus à arracher.
Il nous faut aussi soutenir celles et ceux qui se battent ailleurs pour montrer chaque jour qu’un autre monde est possible, à l’image de nos camarades cubains, pour lesquels notre fédération a lancé une grande campagne de solidarité financière en lien avec Cuba Coopération et pour lesquels une soirée se tiendra ce jeudi 21 novembre à partir de 18h30 à Fontenay-sous-Bois (Maison du Citoyen et de la Vie Associative, 16 Rue du Révérend Père Lucien Aubry) en présence de Fernando GONZALEZ LLORT, Président de l’Institut Cubain d’Amitié entre les Peuples (ICAP) et héros de la République de Cuba en tant qu’ancien des « Cinq de Miami ».

Il nous faut aussi soutenir toutes celles et ceux qui luttent pour leur émancipation et pour la vie, à commencer par le peuple palestinien qui traverse le pire martyr de son histoire. Malgré le génocide en cours, malgré plus de 45 000 morts à Gaza (dont plus de 6000 enfants) depuis le début des hostilités en octobre 2023, malgré une extension du conflit au Liban qui a déjà fait plus de 2000 morts, les puissances occidentales continuent de livrer des armes au gouvernement d’extrême-droite de Benyamin Netanyahou… Notre appel à la paix et à l’arrêt de la livraison des armes, notre campagne de solidarité financière, portés par plusieurs campagnes d’affichage, sont plus que jamais la voix de la raison et de l’humanité face au chaos du monde.
Dans ce contexte difficile, nous aurons besoin de toutes les bonnes volontés, pour mener les campagnes suscitées, pour soutenir les mobilisations dans les entreprises et dans la rue, mais aussi pour poursuivre notre campagne « Stop Galère » contre la hausse du prix du pass Navigo et la privatisation de nos transports publics (surtout à l’heure où l’exploitation du centre bus de Saint-Maur devrait être transférée à une filiale de droit privé d’ici au 1er novembre 2025 au mépris des droits des agents RATP qui y travaillent). Rejoignez-nous ! Chaque geste, même minime, comptera pour stopper la fascisation en cours et sortir de la nasse dans laquelle les forces capitalistes cherchent à enfermer les forces progressistes.

[1] Leur patrimoine représente désormais 45% du PIB de la France, contre 20% à l’arrivée de Macron au pouvoir en 2017 et 6% sous Chirac en 1996…
