Vœux de la section PCF de Saint-Maur-des-Fossés pour 2025

Cher-es amis, cher-es camarades,

L’année 2025 voit le jour dans une France qui traverse une situation d’instabilité politique prolongée que la Ve République n’a plus connu depuis des décennies. Après sa dissolution hasardeuse de l’Assemblée Nationale dans un contexte de montée en flèche des votes en faveur de l’extrême-droite, Macron se sera démarqué par sa gestion toujours plus calamiteuse des conséquences de sa décision, qu’il s’agisse de la mise en scène de consultations de façade des forces politiques, de son incapacité à se remettre en cause, de sa volonté de maintenir coûte que coûte les politiques austéritaires ou, bien entendu, de son refus réitéré de laisser la gauche constituer un gouvernement dirigé par Lucie Castets…

Malgré la censure légitime du gouvernement Barnier, ses interminables auditions et hésitations n’auront conduit qu’à la piteuse nomination de François Bayrou et à la constitution d’une équipe gouvernementale qui ne fait que recycler la majorité des cadres dudit gouvernement Barnier ainsi que tout un aéropage de dinosaures macronistes… Cette mascarade doit être vue pour ce qu’elle est : le signe de l’entêtement du « méprisant de la République » à poursuivre à tout prix sa politique au service de la bourgeoisie et du capital, quitte à s’asseoir sur le résultat des élections et à préférer faire des concessions au RN qu’aux forces du Nouveau Front Populaire. Macron a lui-même créé les conditions de ce marasme, qui a vu se succéder 4 premiers ministres en un an (un record dans la Vème République), sans que la politique mise en œuvre change d’un iota… Tout pour les riches et le CAC 40, rien pour « ceux qui ne sont rien ».

2024 : Une énième année au service de la bourgeoisie et du capital pour la macronie et les droites…

2024, pour la Macronie et les droites, c’est aussi l’année de l’infâme loi « Asile-Immigration » qui aura mis les thématiques du RN au cœur du débat public pendant plusieurs mois. C’est celle d’attaques renouvelées contre les droits des chômeurs avec la mise en œuvre effective depuis ce 1er janvier de la mesure conditionnant le versement du RSA à la réalisation de 15h d’activité hebdomadaire. C’est une énième année d’austérité pour l’hôpital, les collectivités territoriales et les services publics mis une nouvelle fois au régime sec malgré les difficultés auxquels ils doivent tous faire face depuis une vingtaine d’années. C’est une énième année de vaches maigres pour les petits exploitants agricoles soumis aux vents du libre-échange et à la pression sur les prix appliquées par les centrales d’achat de la grande distribution. C’est une énième année d’appauvrissement pour les classes populaires. Songez que, dans la 7ème puissance mondiale, 27% des Français ne sont pas partis en vacances de toute l’année, faute de moyens !  

Et la situation est encore pire dans les territoires ultramarins, de plus en plus maltraités. D’ailleurs, rarement les Outre-Mer auront été autant au cœur de l’actualité qu’en 2024, avec les émeutes en Nouvelle-Calédonie (suite à la tentative de passage en force du gouvernement sur le dégel du corps électoral), avec le mouvement contre la vie chère en Martinique, ou encore avec la crise sociale qui s’approfondit à Mayotte (aggravée par les conséquences désastreuses du cyclone Chido)…

Ces évènements sont autant de signaux d’une République qui se refuse à aller au bout du processus de décolonisation, malgré les résolutions de l’ONU qui l’y enjoignent depuis des décennies, autant de signaux d’une République qui sacrifie les territoires éloignés des grandes métropoles, qu’il s’agisse des territoires ruraux, des villes de taille moyenne ou des anciens DOM-TOM. Dans ce contexte, la nomination de Manuel Valls au portefeuille de l’Outre-Mer ne peut être vu que comme une provocation et une marque de mépris…

A l’Assemblée nationale, les communistes qui siègent avec de nombreux élus d’Outre-Mer sont pour leur part restés fidèles à leur exigence d’une réelle égalité territoriale pour toutes celles et ceux qui vivent sur le sol français. A Mayotte comme ailleurs en France, la solution, ce n’est pas la lutte contre l’immigration comme entend nous le faire croire le trio Retailleau/Darmanin/Valls ! Seules une réponse sociale, une politique d’égalité républicaine devant les services publics et une lutte résolue contre le changement climatique sont à même de répondre aux besoins de la population.

2024 : Une année à oublier pour la paix et la transition écologique…

Mais en 2024, il ne suffisait visiblement pas à Macron de mettre à mal les valeurs républicaines de liberté, d’égalité et de fraternité sur le territoire français. Il lui fallait aussi sévir à l’étranger !  

En Afrique, il a poursuivi une stratégie entièrement tournée vers la promotion des grandes entreprises françaises et vers un paternalisme éhonté qui se traduit par un recul sans précédent de l’influence française. Après les ruptures diplomatiques avec le Burkina Faso, le Mali et le Niger, ce sont désormais le Tchad, le Sénégal et même la Côte d’Ivoire qui, en décidant de revenir sur leurs accords de coopération militaire avec la France, cherchent à s’émanciper d’un ordre néocolonial et d’une Françafrique que Macron n’a fait que perpétuer…

Pour tenter de sauver la face et de s’attirer les faveurs de la monarchie marocaine, Macron aura été jusqu’au déshonneur en lâchant en rase campagne le peuple sahraoui qui lutte pourtant courageusement depuis des décennies pour l’indépendance du Sahara occidental. Une honte pour notre pays, pourtant signataire de la Charte des Nations unies qui reconnaît explicitement le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ! Sans compter l’impact néfaste de cette décision sur nos relations avec l’Algérie…

En Europe, au diapason de la Commission Européenne, Macron n’aura cherché qu’à se mettre dans la roue de l’OTAN et des Etats-Unis, insensible aux mouvements qui traversent les pays du Sud global qui cherchent au travers des BRICS+ à construire d’autres relations internationales et à s’émanciper du règne du dollar… Ses saillies maladroites sur la guerre en Ukraine n’auront fait qu’accroître les tensions avec la Russie sans ouvrir la moindre perspective concrète de sortie du conflit. L’immunité accordée au criminel de guerre Netanyahou, au mépris des décisions de la Cour Pénale Internationale, n’aura fait qu’enfoncer le clou qui confirme l’incurie des macronistes en termes de politique étrangère…  

Pourtant, avec le génocide en cours à Gaza, avec les bombardements qui se poursuivent au Liban (malgré un théorique cessez-le-feu), en Ukraine et en Russie, avec les conflits qui n’en finissent pas au Congo et au Soudan, avec les attaques que subissent les kurdes de la part de milices islamistes financées par la Turquie en Syrie, la France pourrait faire entendre une voix forte et différente, une voix résolue pour la paix, pour la solidarité et pour la diplomatie, comme les communistes le demandent depuis des mois. Oui, au lieu d’augmenter de 50% le budget de la défense comme la macronie l’a fait l’an passé poussant à la militarisation des conflits, il aurait fallu utiliser cet argent pour développer la coopération, pour le progrès social et pour la transition écologique !

Quand la planète vient de connaître l’année la plus chaude jamais enregistrée, une année au cours de laquelle les catastrophes climatiques se sont succédées (qu’il s’agisse du cyclone Chido à Mayotte, des 2 ouragans qui ont frappé Cuba, des inondations inédites dans la région de Valence et désormais des mégafeux de forêt qui touchent la Californie…), la France aurait pu s’exprimer haut et fort pour dire l’urgence d’engager sans tarder la transition écologique. C’est à n’en pas douter ce qu’aurait fait un gouvernement du Nouveau Front Populaire.

Mais la macronie a préféré faire profil bas et jouer sur les peurs et les divisions pour préserver les intérêts des puissants qu’elle sert assidûment. Elle n’a fait que constater, quand elle ne l’a pas volontairement alimenté, la montée de l’extrême-droite qui sévit partout en Europe et en premier lieu en France. Elle n’a fait qu’être spectatrice de la progressive constitution d’une internationale fasciste avec Trump, Meloni, Orban, Modi et Milei unis contre les peuples et contre le climat. Elle n’a fait que constater le recul des droits des femmes et des minorités, l’affaiblissement des politiques de solidarités, le recul des libertés publiques, le développement des mesures xénophobes…

2025 : Des défis importants à relever pour contrer la montée des impérialismes et de l’extrême-droite…

C’est pourtant une nouvelle ère de brutalisation des relations internationales qui s’annonce dès le 20 janvier avec un Donald Trump qui entend clairement laisser les mains libres aux puissants pour qu’ils puissent extraire le maximum de richesses des sols et des travailleurs. Afin d’éviter que les Etats-Unis soient définitivement distancés par la puissance économique de la Chine, Trump va alimenter les tensions avec celle-ci, en arrimant à sa stratégie l’Union Européenne et les membres de l’OTAN, quitte à encourir le risque d’un nouveau conflit mondial. Partisan d’un impérialisme agressif, il va renforcer les politiques interventionnistes en Amérique Latine afin de reconstituer par la force l’influence des Etats-Unis sur ce territoire, et peut-être sur d’autres, comme l’ont laissé entendre ses déclarations concernant de possibles annexions du Canal du Panama, du Groënland ou du Canada.   

On le voit : avec Elon Musk aux Etats-Unis, Vincent Bolloré ou Pierre-Edouard Stérin en France, de plus en plus de milliardaires n’hésitent plus à afficher publiquement leur soutien à une extrême-droite qui, en jouant sur les divisions des classes populaires, leur garantit la continuité de l’exploitation capitaliste sur le dos des salariés. Ces milliardaires utilisent aussi les médias et réseaux sociaux qu’ils possèdent pour faire la promotion de l’extrême-droite et de ses théories. Face aux crises du capitalisme, comme dans les années 1930, les tenants du capital sont à nouveau prêts à choisir des régimes autoritaires pour maintenir leurs profits et poursuivre leur politique de prédation des richesses et des ressources naturelles. Outre-Atlantique, on voit désormais Jeff Bezos ou Marc Zuckerberg prêt à manger dans la main de Donald Trump pour préserver leur patrimoine, eux qui s’affichaient jadis en grands défenseurs des libertés publiques… En France aussi, pour de plus en plus de dirigeants du CAC 40, le choix est fait : à défaut de la macronie, ce sera « plutôt Bardella ou Marine Le Pen que le Nouveau Front Populaire ! »

Alors, oui, le tableau est sombre en ce début d’année 2025 et il y a des dizaines de raisons de s’indigner et de lutter, mais je tiens à vous dire qu’il y aussi de multiples raisons d’espérer ! C’est ce que nous ont appris Missak et Mélinée Manouchian qui sont enfin entrés au Panthéon avec leurs camarades résistants et communistes des FTP-MOI au mois de février 2024.

Des points d’appui et des raisons d’espérer pour déjouer les plans du capital et pour ouvrir un chemin d’espoir !

Sans même parler de la condamnation de Nicolas Sarkozy (dont on peut se réjouir), il faut voir ce qui se joue dans la société, à commencer par l’irrépressible vague féministe qui avance. La constitutionalisation de l’IVG, pour laquelle notre ancienne sénatrice Laurence Cohen s’était battue pendant de nombreuses années, mais aussi le courage de Gisèle Pélicot et de nombreuses femmes qui osent enfin parler de la culture du viol et des violences sexistes et sexuelles montrent que les lignes bougent en France. Les grèves et les mobilisations populaires qui se sont enchaînées tout au long de l’année, même si elles restent trop morcelées et sectorielles, sont le signe d’un peuple qui n’a pas abdiqué et renoncé à ses droits et à ses libertés. La mobilisation express d’une partie de la jeunesse autour du NFP pour éviter la prise de pouvoir de l’extrême-droite lors des élections de juin et juillet dernier est aussi une raison d’espérer.  

Certes, la gauche ne dépasse pas les 28% des suffrages exprimés mais nombre de ses valeurs et de ses revendications sont devenues majoritaires, à commencer par l’exigence d’une retraite digne. C’est là tout le paradoxe de notre époque et c’est ce à quoi nous devons travailler pour construire une nouvelle majorité populaire agissante. Pour faire avancer nos idées et ouvrir un nouvel horizon, il nous faut nous ouvrir plus sur la réalité citoyenne et il nous faut aussi mieux conjuguer cohérence et respect de la diversité des différentes forces politiques, sans volonté d’hégémonie.

” Dans un monde où les riches sont de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres, où la femme, l’indien, le Noir et autres groupes ethniques sont discriminés, où le chaos et l’anarchie règnent sous les lois aveugles et sauvages du marché, il ne saurait y avoir de développement social. »

Fidel Castro

Comme le disait Fidel Castro, leader toujours vivant dans l’esprit d’un peuple cubain qui lui non plus n’a pas abdiqué malgré les souffrances imposées par le blocus criminel des USA : « Dans un monde où les riches sont de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres, où la femme, l’indien, le Noir et autres groupes ethniques sont discriminés, où le chaos et l’anarchie règnent sous les lois aveugles et sauvages du marché, il ne saurait y avoir de développement social. »

Alors oui, parce que nous sommes pour le progrès social et pour la justice, il nous faudra à nouveau lutter avec détermination en 2025 contre les inégalités, contre les discriminations, contre la marchandisation… Il nous faudra chercher à faire monter la conscience de classe au sein du monde du travail et chez les privés d’emploi pour éviter les divisions entre les couches populaires, en premier lieu parce que ces divisions ne profitent qu’au patronat.

Face à la montée de l’extrême-droite, face à un racisme de plus en plus décomplexé, nous sommes à la croisée des chemins : la France du repli sur soi, des versaillais et de la collaboration ou la France de la Révolution, de la Commune et de la Résistance ? Leur France ou la nôtre ? Entre ces deux France-là, chacun devra choisir son camp !

C’est pourquoi, comme l’a décidé notre Conférence Nationale le 14 décembre dernier, nous réaffirmons notre projet communiste et le chemin pour y parvenir en réactualisant le socialisme à la lumière des défis du XXIe siècle, pour la paix, pour la révolution du travail et de la production, pour les biens communs, pour l’égalité réelle et pour la conquête de moyens financiers et de nouveaux pouvoirs pour les classes populaires.

Pour contrer l’énorme puissance de frappe médiatique dont disposent les droites et le MEDEF, nous n’aurons que notre journal, L’Humanité, notre force de conviction et nos bras. Mais là où il y a une volonté, il y a un chemin !

Alors, en 2025, plus que jamais, chaque communiste, chaque camarade, chaque sympathisant aura un rôle à jouer à son niveau pour faire bouger les lignes, pour lutter contre la résignation, pour déjouer les plans du capital qui souhaite ouvrir grand les portes du pouvoir à une extrême-droite autoritaire. Comme le dit si bien la chanson « Le Chiffon Rouge » : « Si tu veux vraiment que ça change et que ça bouge / Lève-toi car il est temps / Allons droit devant, vers la lumière / En montrant le poing et en serrant les dents / Nous réveillerons la terre entière / Et demains nos matins chanteront ».

Chers amis, chers camarades, gardons donc espoir et soyons combatifs !

Pour cette nouvelle année 2025, je vous souhaite donc tout le meilleur à vous et à vos proches et je nous souhaite de belles luttes victorieuses qui nous permettront d’avancer concrètement sur la voix du communisme que nous appelons de nos vœux.