Depuis le retour de Donald Trump au pouvoir aux Etats-Unis, les annonces fracassantes se succèdent, concernant Gaza, le Panama, le Mexique ou le Groënland… Cette nouvelle « stratégie du choc » signe le retour en force d’un impérialisme américain agressif face à la montée en puissance de la Chine et des BRICS+ dont le PIB dépasse désormais celui du G7 et qui menacent l’hégémonie des USA par leurs avancées technologiques (à l’image de l’intelligence artificielle chinoise DeepSeek) mais aussi par leur diplomatie basée sur le codéveloppement et la création de nouvelles infrastructures.
A l’échelle internationale, l’affrontement de classe s’accélère avec des dirigeants des GAFAM et des multinationales qui n’hésitent plus à activer tous les leviers pour favoriser les forces réactionnaires les plus à même de maintenir leur taux de profit et de diviser les classes populaires, en camouflant l’explosion des inégalités et en rejetant la faute de l’appauvrissement des masses sur les immigrés ou sur la Chine…
Le duo formé par Donald Trump et Elon Musk est le reflet caricatural mais révélateur de cette fusion des pouvoirs politique, économique et médiatique, de cette alliance d’une part croissante des oligarques et de la bourgeoisie avec les forces réactionnaires pour ouvrir la voie au fascisme et à une nouvelle ère impérialiste, pour mettre le pouvoir de l’Etat au service des plus riches afin de restaurer leur domination par la force, quitte à nier purement et simplement la réalité du changement climatique pour relancer les politiques extractivistes, à mettre fin à l’aide internationale, à s’accaparer les richesses d’autres nations (à l’image de l’accord sur l’exploitation des minerais et terres rares que Trump tente d’imposer à l’Ukraine) ou à annexer unilatéralement certains territoires.
C’est cette logique qu’il faut démasquer derrière la volonté annoncée de Trump d’empêcher le retour des Palestiniens à Gaza et d’en faire « une nouvelle Côte d’Azur » en profitant de la « place nette » faite par son ami Netanyahou à coup de bombardements. Ces annonces détournent par ailleurs l’attention des grands médias qui ne disent quasiment plus rien des violations du droit international que l’armée israélienne continue de commettre : attaques incessantes sur les Palestiniens de Cisjordanie, avancée expansionniste au Liban et en Syrie… Face aux menaces d’expulsion pérenne des Palestiniens de leurs terres, il est urgent que la France reconnaisse enfin l’Etat de Palestine, c’est le sens de la campagne que nous menons et de la pétition que je vous invite à signer et faire signer à vos proches : https://www.pcf.fr/petition_reconnaissance_palestine
Ce nouveau règne de la loi du plus fort ouvre les appétits d’autres potentats locaux, comme on le voit avec les meurtrières ingérences du Rwanda en République Démocratique au Congo où son soutien aux rebelles génocidaires du M23 se traduit par des dizaines de milliers de morts et un risque de déstabilisation de la région des Grands Lacs… tout en permettant à Paul Kagamé et à ses alliés d’accaparer les richesses minières du Congo (coltan…). Comme on le voit aussi en Syrie où la Turquie d’Erdogan a soutenu les islamistes pour renverser le régime des El-Assad et s’assurer un nouvel allié de poids au Moyen-Orient (allié qui s’est empressé d’interdire les activités du parti communiste syrien…).
En France, le trio Bayrou/Retailleau/Darmanin fait bel et bien la courte-échelle à l’extrême-droite et à ses idées nauséabondes. Références à une imaginaire « submersion migratoire » (alors que les étrangers non européens ne représentent que 6% de la population française), remise en cause du droit du sol, durcissement des conditions d’obtention et de renouvellement des titres de séjour pour les étrangers résidant sur le sol français, reprise des arrestations de jeunes sans-papiers scolarisés dans les écoles, mise en avant d’une conception ethnique de la nation : la surenchère réactionnaire n’en finit pas. Elle ouvre la voie aux attaques violentes de milices néonazis, comme l’ont récemment vécu des militants kurdes et les antifascistes de Young Struggle en plein Paris.
Elle vise surtout à détourner l’attention des classes populaires des choix budgétaires faits par les droites contre les peuples. Car avec son budget et son PLFSS 2025, soutenus par le député Sylvain Berrios, le gouvernement Bayrou réalise une saignée inédite qui se traduira par plus de 32 milliards d’euros de baisse des dépenses publiques. Un désastre annoncé pour la culture, pour les collectivités territoriales, pour la transition écologique, pour l’enseignement supérieur et la recherche, pour l’aide au développement ou pour le sport… qui ne fait que refléter la vision court-termiste de la macronie et des ses alliés. En effet, alors que 9 millions de Français vivent déjà sous le seuil de pauvreté, la destruction orchestrée de l’Etat social, des services publics et de la Sécurité sociale ne fera qu’affaiblir les plus précaires et freiner le développement économique.
Comme l’ont défendu les sénateurs communistes Pierre Barros et Pascal Savoldelli, il nous faudrait pourtant « un budget qui soit au service de la solidarité nationale et non au profit de quelques-uns, un budget qui crée de la richesse vertueuse » afin de « sortir d’une société corsetée par la rente et l’héritage, où l’accumulation stérile remplace l’élan collectif ».
Ici aussi, comme aux Etats-Unis, les milliardaires pèsent démesurément dans le débat public, qu’il s’agisse de Bolloré avec ses médias rétrogrades ou de Pierre-Edouard Stérin avec son projet Périclès (que notre journal « L’Humanité » expose au grand jour par d’excellentes enquêtes) qui visent tous les 2 à faire gagner l’extrême-droite en 2027, mais aussi de l’interventionnisme de Bernard Arnault (l’ami de Donald Trump, assis au 1er rang lors de son investiture…) et de nombreux dirigeants du Medef dans le débat budgétaire en dénonçant un prétendu « enfer fiscal français » et saluant la politique pro-business des trumpistes…
Face à cette accélération de l’Histoire et face au risque de l’extrême-droite, face à l’alliance renforcée du Capital avec la classe politique la plus réactionnaire, chaque communiste, chaque sympathisant-e aura un rôle clé à jouer, que ce soit pour démonter les ressorts médiatiques qui alimentent le repli sur soi et la vision des classes populaires, pour travailler à nourrir et fédérer les luttes, mais aussi pour porter le programme de rupture radicale que défend le Parti Communiste Français.
Dans cette période charnière, donnez de la force à vos idées en nous rejoignant et en adhérant au Parti Communiste Français !



