La macronie et les droites fidèles à leurs politiques antisociales
Après le nouveau refus de Macron de nommer un 1er ministre de gauche à la tête du gouvernement, le gouvernement Lecornu 2 s’enfonce encore un peu plus dans l’austérité.
Son budget 2026 tient bel et bien lieu de « musée des horreurs » comme le dit Sophie Binet. Jugez-en : gel des retraites, gel du barème des impôts qui va rendre des milliers de ménages imposables, nouvelles économies pour des hôpitaux déjà en souffrance, imposition des indemnités journalières pour les affections longue durée et pour les frais de scolarité dans le secondaire ou le supérieur, plus de 3000 postes de fonctionnaires supprimés, 500 postes en moins pour France Travail, plus de 20 000 postes menacées dans l’insertion professionnelle, 7 milliards d’euros en moins pour les collectivités territoriales (avec des impacts forts à venir pour les investissements locaux, pour les associations et pour la culture), 900 millions d’euros en moins pour le logement social, 500 millions d’euros en moins pour Ma Prime Rénov’, hausse des taxes sur les titres de séjour pour les étrangers…
Par ailleurs, alors que la Sécurité sociale créée à l’initiative du ministre communiste Ambroise Croizat vient de fêter ses 80 ans, la macronie continue de l’affaiblir dans son PLFSS 2026 avec le doublement des franchises médicales et du plafond du reste à charge pour les patients, mais aussi avec le gel des prestations sociales…
Pour le moment, un PS repassé sous l’influence de François Hollande laisse le gouvernement échapper à la censure et poursuivre sa politique de casse sociale en échange de quelques miettes et d’un décalage de 3 mois de la poursuite de la réforme des retraites qui n’a rien d’une suspension et encore moins d’une abrogation…
Les classes populaires et les dominés seront une nouvelle fois les grands perdants des politiques macronistes soutenues par LR, Horizons et le RN. Dans ce contexte, l’interdiction partielle à venir des découverts bancaires, transformés en crédits à la consommation selon le bon vouloir des banques, est un énième coup de canif porté au pouvoir d’achat des plus précaires.
Les députés communistes ont bien raison de combattre ces politiques antisociales et d’essayer d’obtenir quelques avancées sociales et fiscales dans les débats parlementaires !
Aller au-delà du débat sur le partage des richesses…
Le débat public autour de la taxe Zucman (un impôt plancher de 2% seulement au-delà de 100 millions d’euros de patrimoine) et la forte adhésion de la population au principe d’une taxation renforcée des ultra-riches, l’écho rencontré par le scandale des 211 milliards d’euros d’aides publiques versées chaque année aux grandes entreprises sans aucune condition ou contrôle : tous ces éléments montrent que nos concitoyen-nes attendent plus de justice fiscale et qu’il y a de l’argent disponible pour mener d’autres politiques… pour peu qu’on ait le courage d’aller le chercher dans les poches des milliardaires, des actionnaires et des multinationales.
Pour autant, au-delà de la fiscalité et du partage des richesses, il nous faut aussi mettre en débat les questions de création de pôles publics (médicaments, armement, sidérurgie, transports, banques…) et de pouvoir d’intervention des salariés dans les entreprises si nous voulons stopper la désindustrialisation (Cf. le dépeçage annoncé de Novasco, ex-Ascométal) et si nous voulons réellement attaquer le cœur du réacteur et remettre en cause la toute-puissance de la finance.
Mais il nous faut agir rapidement et avec résolution pour faire monter ces exigences !
… pour contrer la marche vers la fascisation
Le danger de l’extrême-droite devient en effet chaque jour plus menaçant. On observe ainsi une porosité grandissante du patronat avec un Rassemblement National qui le lui rend bien, à l’image de ses votes à l’Assemblée nationale contre toutes les logiques de taxation des plus riches. Au travers des déclarations de Patrick Martin et de plusieurs patrons du CAC 40, au travers des discours caricaturaux de Bernard Arnault sur la taxe Zucman, on voit s’installer l’idée que pour le Medef, il vaudrait mieux Bardella ou Le Pen que le Nouveau Front Populaire.
Les digues sont en train de sauter entre LR, Horizons et l’extrême-droite. Avec la dématérialisation des cours de français pour les demandeurs de titres de séjour ou l’augmentation du niveau de français requis pour obtenir un titre de séjour, la circulaire Retailleau est venue une nouvelle fois stigmatiser les étrangers et celles et celles et ceux qui cherchent à échapper aux guerres et aux famines en venant en France. Ce faisant, elle fabrique de la précarité et de l’illégalité…
Mais il y a plus : la condamnation de Nicolas Sarkozy à de la prison ferme et la séquence qui s’en est suivie pour tenter de mettre au pas la justice, le vote par les députés LR et Horizons (dont Sylvain Berrios) de la proposition de loi du RN pour dénoncer les accords franco-algériens de 1968, le soutien d’élus LR à un candidat Reconquête à Bourg-en-Bresse pour les municipales… Tous les signaux virent au brun. Les droites continuent en France de servir d’ascenseur pour les fachos, comme le titrait L’Humanité récemment.

Ce phénomène reflète malheureusement une tendance à l’œuvre à l’échelle mondiale, à l’image de la consolidation du pouvoir de Javier Milei en Argentine lors des législatives ou à l’image de la récente nomination d’une première ministre japonaise admiratrice de Margaret Thatcher.
La fascisation est en marche sur une bonne partie de la planète. Il n’y a qu’à voir ce gouvernement US qui envoie les troupes dans les villes gérées par des démocrates, qui déporte des immigrés en masse, qui installe un nouveau maccarthysme en s’attaquant aux médias et aux universitaires jugés trop ouverts aux idées progressistes, qui déclenche unilatéralement des guerres commerciales à coup de droits de douane prohibitifs et qui alimente désormais les tensions avec le Venezuela et la Colombie.
Face à un impérialisme US de plus en plus agressif…
En autorisant la CIA à agir contre Nicolas Maduro, en réhabilitant une ancienne base navale, en rapatriant 10 000 hommes et plusieurs d’aéronefs vers les Caraïbes, Donald Trump affiche clairement qu’il est prêt à mener des opérations militaires contre le régime chaviste au Venezuela au mépris du droit international. Le prix Nobel pour la paix attribué récemment à l’opposante vénézuélienne Maria Corina Machado, inféodée aux USA, apparaît ainsi comme une pièce de ce puzzle.
Plus largement, tous les gouvernements sud-américains qui s’opposent à la domination des USA sont dans le viseur de Donald Trump…
Le règne du fait accompli, la loi du plus fort et la volonté d’accaparer les richesses des autres pays sont bien les principes directeurs de l’impérialisme US. A ce titre, le soi-disant « plan pour la paix à Gaza » de Donald Trump est révélateur. Sous couvert d’un cessez-le-feu, le plan Trump cherche à imposer aux Palestiniens de Gaza une nouvelle domination étrangère sans remettre en cause ni les logiques d’occupation, ni la colonisation de la Cisjordanie par Israël. C’est bien une nouvelle tutelle coloniale que propose Trump au profit de ses amis promoteurs immobiliers, qui se frottent déjà les mains à l’idée de faire fleurir une nouvelle Riviera dans un Gaza où 80% des bâtiments ont été détruits après plus de 2 ans de bombardements intenses.
Toujours protégé par Washington, Netanyahou continue à agir en toute impunité en arraisonnant la flottille Global Sumud dans les eaux internationales et en poursuivant les bombardements sur Gaza malgré le prétendu cessez-le-feu… Dès lors, la reconnaissance de l’Etat de Palestine par la France et une dizaine de nouveaux pays semble être un vœu pieux à l’heure, d’autant plus quand l’Union Européenne continue d’être le 1er partenaire commercial d’Israël et que de nombreux pays continuent à lui livrer des armes pour perpétrer son génocide.
A l’image de son soutien inconditionnel à Israël, il devient de plus en plus évident que Trump entend étendre le pouvoir et la sphère d’influence de l’internationale réactionnaire dont il est le héraut. Pour ce faire, il prend appui sur les technofascistes libertariens de la Silicon Valley, les multimilliardaires Mark Zuckerberg, Elon Musk ou Larry Ellison (PDG d’Oracle) qui utilisent leurs réseaux sociaux et leur puissance financière pour influencer les votes en faveur des droites.
Les politiques de transition écologique sont les victimes collatérales de la porte ouverte en grand aux logiques de prédation et au retour d’une économie de guerre qui alimente la corruption (comme on vient de le voir avec les scandales qui touchent l’Ukraine et l’OTAN). Alors que la COP 30 vient de s’ouvrir, l’inaction climatique rend d’ores et déjà inatteignable la limitation à 1,5°C de réchauffement d’ici à 2100 à laquelle s’étaient engagés il y a à peine 10 ans les signataires des Accords de Paris… avec des conséquences catastrophiques comme nous l’avons encore vu avec l’ouragan qui a frappé la Jamaïque et Cuba.
Pour autant, il y a des raisons d’espérer !
S’appuyer sur le désir grandissant de justice sociale, de paix, de démocratie et de coopérations
Il y a déjà cette prise de conscience de plus en plus large des inégalités gigantesques qu’alimente le système capitaliste contemporain. Il y a le mouvement populaire de solidarité avec la Palestine qui traverse de nombreux pays comme l’Espagne ou l’Italie.
Sur le plan international, il y a ces mouvements de masse de la jeunesse à Madagascar, au Népal et au Maroc où la « génération Z » a fait bouger les lignes et fait entendre son besoin irrépressible de démocratie, de transparence et de justice sociale.
Saluons aussi l’élection du “socialiste démocratique” Zohran Mamdani à la mairie de New York autour d’un programme qui mettait justement ces mêmes valeurs au centre des politiques publiques.
Saluons surtout les rapprochements à l’œuvre dans le Sud global pour imposer d’autres logiques et pour contrer l’hégémonie du dollar à l’image des accords entre l’ASEAN et les BRICS pour aller vers un système d’échange en monnaies nationales, à l’image du rapprochement entre les rivaux chinois et indien, à l’image du déploiement du système de paiement interbancaire chinois CIPS sur une part grandissante du continent africain…
C’est sûrement par ces logiques qui cherchent à favoriser les coopérations gagnant-gagnant et qui sont en grande partie impulsées par la Chine et par le Brésil du président Lula qu’un autre avenir plus solidaire, plus égalitaire et plus respectueux de la planète et du droit à l’autodétermination des peuples pourra émerger…
« Nous devons nous appuyer sur quelques grands principes fondamentaux pour construire une nouvelle société du travail : acter l’égalité entre toutes les nations, grandes ou petites, et leurs apports respectifs à ce qu’est l’humanité ; garantir la souveraineté nationale ; lutter contre l’accumulation primaire du capital et mettre fin aux pillages déguisés en coopérations ; remettre en cause la prédominance du marché ; redéfinir le rôle du commerce ; développer des rapports démocratiques entre les nations pour en finir avec les ‘antipathies nationales’ ».
Fabien Roussel, dans son livre “Le parti pris du travail”
C’est là, en s’appuyant sur ces graines d’espoir, que se situe le chemin pour sortir du piège de la guerre, de la xénophobie et de la dictature financière et pour s’unir autour d’une ambition collective !
Rejoignez-nous pour la construire et la faire vivre !




