Face à l’impérialisme et à la marche à la guerre…
Alors que la planète est déjà traversée par de nombreux conflits meurtriers, la stratégie de sécurité nationale mise à jour récemment par l’administration Trump officialise le retour des Etats-Unis à une forme d’impérialisme ouvertement prédatrice et agressive.
En Amérique Latine, Donald Trump entend désormais donner les bons et les mauvais points. Et évidemment, ce sont les gouvernements progressistes qui sont en ligne de mire. Alors qu’il vient de gracier l’ancien président de droite du Honduras, Juan Orlando Hernandez, condamné à 45 ans de prison pour trafic de drogue, pour influencer le résultat de l’élection présidentielle en cours, Trump crée de toutes pièces des accusations de narcotrafic contre les gouvernements progressistes en Colombie ou au Venezuela. Tous les moyens sont bons pour faire monter la tension avec Nicolas Maduro : interdiction de l’espace aérien vénézuélien, arraisonnement illégal d’un pétrolier par des garde-côtes américains, déploiement de 15 000 soldats et d’une flotte militaire démesurée dans les Caraïbes… et désormais blocus maritime contre les pétroliers vénézuéliens !
Derrière les prétextes démocratiques et les mensonges, ce sont bien les immenses ressources pétrolières du Venezuela sur lesquels Trump veut mettre la main. Mais cette stratégie ne s’arrête pas à l’Amérique Latine. L’accaparement des ressources naturelles est aussi derrière les prétendus “accords de paix” que Trump cherche à négocier au Congo (avec ses minerais et ses terres rares si importantes afin de contrer la dépendance des GAFAM vis-à-vis des approvisionnements chinois) ou en Ukraine, où il voudrait faire main basse sur les infrastructures gazières du pays après avoir déjà signé il y a quelques mois un accord lui donnant un accès privilégié à ses terres rares. Il en va de même en Palestine, où c’est cette fois le marché de la reconstruction et de l’immobilier qui l’intéresse…
D’ailleurs, même si les médias n’en parlent plus vraiment depuis le prétendu plan de paix de Trump, le génocide continue à Gaza et le nettoyage ethnique s’amplifie en Cisjordanie au mépris du droit international. Nous étions nombreux à le dénoncer dans les rues parisiennes le samedi 29 novembre dernier.

En de nombreux endroits du globe, un engrenage guerrier est à l’œuvre sous l’effet des pressions exercées par une poignée de nations aux ambitions impérialistes (Russie, USA, Israël…), le plus souvent dirigées par des gouvernements d’extrême-droite.
Les vannes financières ouvertes au niveau international en faveur du complexe militaro-industriel alimentent une corruption endémique comme l’ont révélé les scandales qui ont touché l’OTAN et de nombreux proches de Volodymyr Zelensky en Ukraine. C’est à un vrai détournement de fonds auquel nous assistons, des fonds qui devraient aller dans les services publics, dans la transition écologique, mais qui sont routés en priorité vers la finance, le remboursement de la dette et l’armement.
L’Union Européenne est malheureusement aux avant-postes de ce mouvement belliciste. C’est elle qui pousse à poursuivre “coûte que coûte” la guerre en Ukraine en refusant toute perspective de plan de paix crédible. Le chancelier allemand Friedrich Merz avec le retour du service militaire obligatoire et Emmanuel Macron avec son service militaire volontaire ou avec sa mise en scène grotesque de la vente de 100 Rafale à l’Ukraine (ni financée, ni compatible avec les capacités productives de Dassault) cherchent à présenter comme inéluctable un affrontement prochain avec la Russie. En France, pendant que les esprits sont préparés à faire des sacrifices ou à accepter de “perdre leurs enfants” comme l’a demandé le chef d’état-major français lors du dernier congrès de l’association des maires de France, les milliardaires peuvent dormir tranquilles. Macron et Lecornu veillent au grain.
Face aux budgets antisociaux…
Les revenus des ultra-riches atteignent des sommets, eux qui ont déjà plus que doublé en 20 ans (en France, les 0,1% des foyers fiscaux les plus riches touchent en moyenne 1 M€ par an). Le CAC 40 bat à nouveau des records et la capitalisation boursière des entreprises engagées dans l’IA ou dans les cryptomonnaies s’envole, venant alimenter une bulle spéculative qui n’attend que le début des défauts de paiement ou la faillite d’un acteur majeur pour exploser et enclencher une nouvelle crise financière majeure…
Pendant ce temps, la désindustrialisation s’amplifie avec les fermetures annoncées de Brandt, de plusieurs sites de Novasco (ex-Ascométal) ou de l’usine historique d’Orangina, tandis que le patronat utilise la généralisation de l’utilisation des outils informatiques basées sur l’IA pour supprimer des emplois par centaines chez Amazon, chez IBM, chez Microsoft mais aussi dans de nombreux cabinets de conseil en entreprise à l’image d’Accenture.
Le projet de budget 2026 du gouvernement Lecornu reflète l’abandon de toute ambition industrielle en même temps que cette course en avant vers la militarisation (+ 6,7 Mds d’euros supplémentaires pour la Défense). Il reflète aussi la volonté de préserver les revenus des plus aisés (à l’image du refus caricatural par les macronistes, la droite et le RN de toute taxe Zucman, même allégée). Le projet de budget 2026 tient bel et bien lieu de “musée des horreurs” : gel du barème de l’impôt sur le revenu, presque 8 milliards d’euros de coupes pour les collectivités locales, division par 2 du fonds vert, disparition des aides au secteur HLM, baisse des aides au départ en colonies pour les mineurs fragiles ou défavorisés… Une nouvelle fois, les nantis sont protégés tandis que les classes populaires et les couches moyennes sont les seules appelées à faire des sacrifices.
Malheureusement, le Parti Socialiste en votant pour la loi de financement de la Sécurité Sociale 2026 (PLFSS) et les écologistes en s’abstenant ont permis au gouvernement Lecornu de poursuivre sa politique de casse sociale. En effet, même si les minima sociaux ne seront finalement pas gelés, même si les franchises médicales ne seront pas doublées, même si la poursuite de la contre-réforme des retraites à la sauce Macron est reportée à janvier 2028, ce n’est pas le nouveau congé de naissance mis en place qui viendra masquer le fait que l’ONDAM (objectif national de dépenses d’assurance maladie) augmentera moins vite que les besoins (+ 3% contre +4% requis a minima) et qu’il contraindra donc des hôpitaux déjà exsangues à de nouveaux sacrifices…
La vérité, c’est que la défiscalisation des heures supplémentaires votée viendra une nouvelle fois amputer la Sécurité Sociale de recettes dont elle a cruellement besoin. Que l’extension de la tarification à l’acte au médico-social est une forfaiture. Que la baisse des allocations familiales et la taxe sur les mutuelles viendront grever le pouvoir d’achat des plus modestes. Et que le plafonnement de la durée des arrêts maladie initiaux à une durée d’1 mois est une nouvelle mesquinerie qui pénalisera encore les malades tout en venant engorger les salles d’attente de médecins généralistes qui ne prennent déjà plus de nouveaux patients dans de nombreuses parties du territoire…
Face à la rupture des digues entre les droites et le RN…
Le Rassemblement National se frotte déjà les mains de ce nouveau recul annoncé des services publics et de l’offre de soins qui viendront alimenter la désespérance et la colère chez nombre de nos concitoyens… Il se frotte aussi les mains des dernières barricades qui sont en train de tomber entre la droite LR/Horizons et l’extrême-droite.
La pantalonnade des “cahiers de prison” d’un Nicolas Sarkozy multicondamné et pourtant surmédiatisé par son ami Vincent Bolloré révèle l’arrogance de puissants qui demandent l’impunité pour leur caste alors qu’ils réclament toujours plus de sévérité vis-à-vis des étrangers et des défavorisés… Il ne faut pourtant pas oublier que la condamnation de Sarkozy dans l’affaire libyenne vient bel et bien sanctionner l’alliance d’un candidat à la présidentielle avec un dictateur pour financer massivement sa campagne et influencer ainsi le résultat de l’élection présidentielle.
Les droites qui disent défendre “la France des honnêtes gens” démontrent ainsi toute leur fourberie, tout en préparant le terrain au Rassemblement National et à ses discours anti-juges (dès lors qu’on parle de délinquance financière ou politique).
Doux avec les forts, dur avec les faibles, tel est le vrai projet de société porté par les droites. En détruisant les solidarités, en affaiblissant les associations et en focalisant tous les moyens de la police sur la répression de la petite délinquance au lieu de s’attaquer réellement aux “gros poissons” et au malaise social, c’est pourtant ce projet qui est à l’origine de la montée du narcotrafic. Faute d’une réelle politique de santé publique et de prévention contre l’usage des drogues, faute de moyens financiers suffisants pour les douanes, pour la justice et pour une police d’investigation, le narcotrafic explose en effet, avec son lot de morts violentes, à l’image de l’assassinat de Mehdi Kessaci à Marseille.
Construire une réelle alternative avec le PCF en reprenant la main sur l’argent et sur l’appareil productif !
Les communistes continueront à le dire haut et fort : les coupes dans les services publics alimentent la montée de l’insécurité et des violences tout comme elles alimentent la pauvreté… Dans ce contexte délétère, il faudrait investir plutôt que de réduire les budgets et de faire des économies partout comme le proposent les budgets successifs votés par la macronie avec le soutien de la droite et du RN.
Oui, d’autres choix sont possibles pour une politique au service de l’intérêt général et pour reconstruire la confiance entre les peuples et les forces politiques ! Parlons enfin de l’utilisation de l’argent ! Oui, d’autres choix sont possibles si on taxait enfin les grandes fortunes afin de rétablir un minimum de justice fiscale, si on s’attaquait réellement aux 211 milliards d’euros d’aides publiques versées sans condition aux grandes entreprises, ou si on mettait un coup d’arrêt aux 100 Mds d’évasion fiscale ! Reprenons la main sur tout cet argent afin qu’il soit investi en France et qu’il serve à éradiquer le chômage et à construire la société de partage dont nous avons tant besoin ! Reprenons aussi la main sur l’appareil productif et reconstruisons-le pour le mettre enfin au service de la satisfaction des besoins de la population !
Nous voulons hisser le drapeau de la paix, de la réindustrialisation et de la République face aux “va-t-en-guerre”, au tout libéralisme et à la tentation du chacun pour soi ! Comme le disait Fabien Roussel lors de son récent discours à Marseille : “nous voulons changer de logique et mettre au cœur de la société ce qui fait la force et la grandeur de notre pays : l’être humain. Vous, nous : mettre au cœur de la société la richesse de l’être humain, sa force de créativité, son génie pour relever l’industrie, pour enseigner, pour soigner, pour nos services publics, pour nous protéger, pour ouvrir et bâtir de grands chantiers dont nous avons besoin pour répondre aux urgences sociales et écologiques.”
Oui, bâtissons enfin des jours heureux et des jours de paix !




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