À Saint‑Maur-des-Fossés, la maternité de la clinique Gaston Métivet devrait fermer à la fin de l’année. Elle ne ferme pas par fatalité : elle ferme parce qu’une logique comptable a remplacé la santé publique, et parce que la majorité municipale a choisi le silence plutôt que la défense d’un service essentiel. Il a fallu l’intervention du groupe « Unis pour Saint‑Maur » au conseil municipal du 24 septembre 2026 pour que la mairie accepte enfin de s’expliquer. Nous ne laisserons pas cette fermeture se dérouler dans l’indifférence.
Fermeture de la maternité Gaston Métivet : 16 salariés menacés, et une majorité municipale silencieuse… jusqu’à ce que nous l’interpellions

Une annonce brutale : la maternité fermera le 31 décembre 2026. Le 2 septembre 2026, les salariés de la maternité de la clinique Gaston Métivet ont reçu une note interne annonçant la fermeture pure et simple de l’activité obstétricale au 31 décembre 2026, avec l’arrêt des accouchements dès le 1er janvier 2027. Cette décision laisse 16 salariés — sages‑femmes, auxiliaires, infirmières, agents — sans avenir professionnel clair, et prive les familles de Saint‑Maur d’un service essentiel dans une ville de plus de 75 000 habitants.
Dans un contexte où les maternités de l’Est francilien sont déjà sous tension, cette fermeture représente une dégradation majeure de l’accès aux soins de proximité pour les familles de Saint Maur.
Pendant plus de trois semaines, la majorité municipale est restée totalement silencieuse. Aucune communication. Aucune prise de position. Aucun soutien aux salariés. Aucune information aux habitants.
“Unis pour Saint‑Maur” a forcé la majorité à sortir du silence
Face à ce mutisme, nous avons posé au travers du groupe « Unis pour Saint-Maur » une question orale en conseil municipal, le 24 septembre, obligeant enfin le maire à s’exprimer publiquement.
Nous lui avons ainsi demandé : «Quelle démarche la municipalité a‑t‑elle engagée auprès de la direction de la clinique, de l’ARS ou du ministère de la Santé pour défendre le maintien de l’activité obstétricale à Saint‑Maur ? La direction évoque aussi la possible création d’un centre périnatal de proximité. Avez‑vous des éléments sur ce projet et quelle est l’implication concrète de la municipalité ? »
Sans cette interpellation, aucune information n’aurait vraisemblablement été donnée aux Saint‑Mauriens. Désormais le Maire annonce un article dans le Saint-Maur Infos du mois d’octobre…
La réponse du maire : l’autosatisfaction malgré la fermeture annoncée de la maternité…

Le maire Pierre-Michel Delecroix a d’abord rappelé que la société exploitant historiquement la clinique privée avait été placée en liquidation judiciaire en juillet, avec prise d’effet au 1er août. Il a expliqué que la Ville avait “pris attache” avec l’ARS et les anciens actionnaires, avant d’être informée qu’un repreneur “sérieux et crédible”, la SA Génération Saint‑Hilaire, s’était positionné.
Selon le maire :
- La nouvelle direction s’engagerait à maintenir l’ensemble des praticiens et salariés,
- Un projet de modernisation du bâti et des équipements serait prévu,
- L’offre de soins serait élargie, notamment en orthopédie,
- La maternité ne pourrait plus être maintenue car elle n’atteint plus le seuil de 1 000 accouchements par an (532 en 2025).
Le maire a donc confirmé la cessation de l’activité obstétricale au 31 décembre 2026, et annoncé que les accouchements seraient redirigés vers le CHIC de Créteil, “à 10 minutes”, doté d’une réanimation néonatale.
Il a également indiqué que la nouvelle direction annoncerait prochainement la création d’un centre périnatal de proximité, chargé du suivi des femmes enceintes avant et après l’accouchement — mais sans accouchements à Saint‑Maur.
Enfin, il a conclu en affirmant que “la clinique est sauvée”, que les repreneurs sont “en confiance”, et que la Ville se réjouit de la poursuite des activités chirurgicales. A l’entendre, tout va bien : « L’important semble-t-il […] c’est d’abord d’avoir cette clinique qui va continuer à pouvoir accompagner les Saint-Mauriens pour toute la chirurgie. » Les salariés de la maternité, laissés dans l’incertitude, apprécieront… Tout comme son fou rire mal placé suite à une tournure de phrase douteuse lors de sa réponse…
Le conseiller municipal délégué à la santé, Jean‑Marc Breton, a ajouté que le tribunal de commerce impose qu’il n’y ait aucun licenciement, hormis celui de la directrice générale.
Une maternité abandonnée par la majorité municipale, un centre périnatal incertain, et une majorité qui communique uniquement sous pression
La réponse du maire confirme plusieurs points essentiels :
1. La maternité est définitivement condamnée selon le maire.
La majorité ne conteste pas la fermeture, ne la combat pas, et ne propose aucune alternative pour maintenir des accouchements à Saint‑Maur.
2. Le centre périnatal annoncé reste flou.
Aucune date, aucun plan, aucun engagement concret de la Ville. Simplement une promesse relayée par la direction.
3. Les 16 salariés restent dans l’incertitude.
Le maire évoque l’absence de licenciements “imposée par le tribunal”, mais ne détaille aucune solution locale, aucun accompagnement municipal, aucune garantie sur les postes… Jean-Marc Breton, conseiller municipal délégué à la santé, se contentant d’indiquer que le Centre Hospitalier Intercommunal de Créteil (CHIC) qu’il préside pourrait « éventuellement reprendre des personnels de maternité si nécessaire ».
4. La majorité n’a communiqué que parce que la question posée par le groupe « Unis pour Saint-Maur » l’y a contrainte.
Sans la question orale posée par le groupe « Unis pour Saint-Maur » au conseil municipal, les habitants n’auraient eu aucune information sur la fermeture, le repreneur, le centre périnatal ou le devenir des salariés.
Une logique nationale de fermetures en cascade soutenue par les droites qui privilégie la taille des établissements à la proximité des patientes

La fermeture de la maternité Gaston Métivet n’est pas un cas isolé. Elle s’inscrit dans une politique nationale de concentration des naissances autour de grands pôles hospitaliers, au détriment des maternités de proximité. Depuis les années 1990, les seuils de sécurité imposés par les autorités sanitaires ont évolué : d’abord fixés à 300 accouchements par an, ils ont été relevés à 500, puis à 1 000. Chaque relèvement a conduit à la disparition de dizaines d’établissements jugés « trop petits » pour garantir la permanence des équipes médicales.
Cette logique, présentée comme une mesure de sécurité et reprise comme un argument d’autorité par la majorité municipale alors qu’elle n’est fondée sur aucune preuve scientifique solide, a eu pour effet concret de fermer plus de la moitié des maternités françaises en trente ans. En 1990, la France comptait environ 800 maternités ; il en reste moins de 450 aujourd’hui. Et derrière ces chiffres, ce sont des territoires entiers privés d’un service vital, des femmes contraintes de parcourir des kilomètres pour accoucher (créant de nouveaux risques pour les femmes), et des équipes locales démantelées.
À Saint‑Maur, le seuil de 1 000 accouchements par an est devenu un couperet : la maternité, qui en comptait encore 853 en 2023 et 532 en 2025, est désormais considérée comme « non viable ». Mais cette approche purement comptable, qui repose en réalité sur des critères de gestion et de rentabilité hospitalière, ignore la réalité humaine : chaque naissance est un acte de soin, pas une statistique.
La tarification à l’activité, moteur invisible des fermetures
Une prétendue “sécurité” qui cache une logique économique : Les seuils de 300, 500 puis 1 000 naissances par an sont souvent présentés comme des exigences de sécurité. Pourtant, aucune étude scientifique solide n’a démontré qu’une maternité devient dangereuse en dessous de ces seuils. Ce qui a changé, ce n’est pas la médecine : c’est l’économie hospitalière.
Depuis les années 2000, sous l’impulsion de la droite, les maternités sont financées par la tarification à l’activité (T2A), un système qui rémunère les établissements en fonction du nombre d’actes réalisés. Or, une maternité doit assurer :
- une présence médicale 24h/24,
- des astreintes d’anesthésie,
- un pédiatre disponible,
- un plateau technique opérationnel,
- des équipes renforcées en cas d’urgence.
Ces coûts sont fixes, qu’il y ait 300, 500 ou 1 000 accouchements par an.
Avec la T2A, les maternités de proximité — souvent en dessous des seuils — sont devenues structurellement déficitaires. Elles coûtent plus qu’elles ne rapportent, non pas parce qu’elles seraient dangereuses, mais parce que le modèle économique les pénalise. Les seuils de naissances ont alors été progressivement relevés, non pour des raisons médicales, mais pour aligner la carte des maternités sur la logique financière de la T2A.
La fermeture de la maternité Gaston Métivet s’inscrit pleinement dans cette mécanique : une maternité qui ne franchit plus les seuils devient “non viable”, puis soi-disant “non sûre”, puis condamnée.

C’est pourquoi le PCF revendique de sortir la naissance de la logique marchande, au travers notamment de :
- L’abolition du financement à l’activité (T2A) qui transforme les maternités en centres de profit et condamne celles qui n’atteignent pas les seuils imposés
- Le maintien et la réouverture des maternités de proximité en privilégiant un maillage territorial dense de maternités publiques
- Une revalorisation des métiers de la périnatalité (augmentation de salaires et des effectifs, reconnaissance du rôle central des sage-femmes…)
Les communistes de Saint-Maur-des-Fossés appellent à la transparence, au soutien des salariés et à une mobilisation citoyenne

Concernant la clinique Gaston Métivet, nous demandons :
- une communication claire et régulière de la mairie sur le devenir de la clinique,
- un engagement public pour garantir un reclassement local et dans de bonnes conditions des 16 salariés de la maternité,
- un plan municipal pour maintenir une offre de périnatalité de qualité à Saint‑Maur,
- une réunion publique avec les habitants, les salariés et la direction afin de les informer du devenir de la dernière clinique active de Saint-Maur-des-Fossés.
La fermeture de la maternité Gaston Métivet n’est pas un simple ajustement administratif. C’est un choix qui engage l’avenir sanitaire de la ville et la vie de 16 professionnelles de santé.
Il aura fallu l’intervention du groupe “Unis pour Saint‑Maur” pour que la majorité municipale accepte enfin d’en parler ! Saint‑Maur mérite mieux que le silence !
Contactez-nous à pcfsaintmaur@gmail.com si vous souhaitez être informés des suites qui seront données en lien avec les usagers et les salariés dont l’emploi est menacé !
